AVERTISSEMENT : Si tu t’es levé ce matin de bonne humeur et que tu veux le rester… Ou, si tu es une femme… Tu peux skipper mon anecdote car on va aller dans le culturel et ça risque de choquer…
Ceci étant dit, Vamos!!
Antigua est une magnifique ville dont les rues en pierres nous rappellent le vieux port de Montréal. Motos, autos et Chicken Bus se promènent sans problème aux travers de toutes ces petites rues où se trouvent restaurants, hostels et petites maisons colorées. Une présence fortement armée est visible aux abords des banques afin de dissuader les vilains.. Mais il y a quelque chose qui est omniprésent dans le décor : des femmes ayants de jeunes enfants…
Je dis femme, je devrais plutôt dire jeunes femmes… filles… jeunes filles… En fait, il n’est pas rare de voir une fille de 13-14 ans avec un enfant dans les bras! Me cachant derrière ma naïveté, je me disais que ce devait être son jeune frère qu’elle avait avec elle. Mais lorsque le scénario se répète à chaque coin de rue, tu finis par briser le mur qui t’empêche de voir la réalité.
Lors de mon cours de cuisine, j’ai donc posé la question au traducteur. Il s’adonne qu’il a étudié en médecine donc il a une très bonne connaissance de la situation. Après m’avoir expliqué la corruption qui sévit dans les hôpitaux (ils ne reçoivent de l’argent pour l’équipement qu’une fois aux 3 mois, alors que le gouvernement en envoie chaque mois) il m’explique ce qui se passe ici…
À la campagne, il n’existe aucune éducation sexuelle ou de possibilité d’avoir un moyen de protection. Une grosse famille est importante car les filles aident les femmes dans les travaux à la maison alors que les garçons aident leur père dans les travaux de la ferme. Lorsqu’il n’y a pas assez de travail, les enfants peuvent être envoyé (par Chicken Bus) à la ville pour vendre des cochonneries. Mais, ce n’est guère plus réjouissant car si tu ne reviens pas à la maison avec un certain montant d’argent, il n’est pas rare que l’enfant ne mange pas ou un mange une… Et pour les jeunes filles, elles ont autant d’enfants que Dieu leurs permettent d’en avoir…
À la ville, ce n’est guère plus réjouissant pour elles. Jusqu’ici, mon anecdote nous rappellent le Québec de nos grands-parents avec le clergé qui incitaient les familles à être nombreuses. La culture guatémaltèque en rapport au sexe est, à mon sens, très homme de cro manion. Ici, un homme calcul sa virilité par le nombre d’enfant qu’il a. Attend un peu, c’est pas ça. Ici, un homme calcul sa virilité par le nombre de filles qu’il a mis enceintes! Il commence à y avoir une éducation sexuelle qui est donné en ville, comme quoi les filles sont maîtres de leurs corps et qu’ils peuvent utiliser le condom ou un vaccin (style depo provera). Mais, car il y a un mais, comme les garçons calculent combien ils sont Homme par le fait de rendre une fille enceinte, ils ne veulent pas utiliser le condom. Encore pire, s’ils voient qu’ils n’arrivent pas à mettre la fille enceinte, ils la laissent pour une autre. L’ironie devient à son apogée lorsqu’elle lui annonce qu’elle porte son enfant; très souvent, il la laisse et recommence avec une autre, ayant atteint un niveau « grade » en tant qu’homme! La laissant, dans un sous…
Je ne m’attends pas vraiment à beaucoup de « Like » sur cette anecdote mais c’est malheureusement la triste réalité qui règne au Guatemala. Je me reprendrai demain avec de quoi de plus heureux lorsque je descendrai du volcan Acatenango la mémoire (et le cellulaire) remplie de souvenir indélébiles.

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