Le cadran sonne à 5h45… Snooze…
Le cadran sonne à 5h55… Snooze…
Le cadran sonne à 6h05…
Détrompez-vous, j’ai le goût d’aller monter le Mont Fuji mais avant de se coucher hier, j’ai regardé la météo et ils annonçaient des orages avec 20-30mm de pluie. Je regarde dehors et, soleil? Je réveille donc Orélie qui n’a pas entendue l’alarme car elle s’est amusée à faire de la photo cette nuit au lieu de dormir (certains appellent ça de l’insomnie, d’autres de l’art…).
Le plan de match est de se rendre à la 5e station en autobus, de s’acclimater à l’altitude et après, on verra ce qu’on fait en fonction de la météo. On se rend au terminus d’autobus qui va nous amener à notre point de départ. On veut prendre l’autobus de 7h20 mais la billetterie n’ouvre qu’à 8h… Y’a un petit problème de logistique ici! Ce n’est pas grace à notre maîtrise infaillible de la langue japonaise mais bien grâce à notre sens aigu de l’observation, que nous découvrons que l’on peut payer cash directement dans le bus. Mais après 3 personnes, le chauffeur n’a pas assez de change… Au lieu de nous laisser passer gratuitement, il fait ouvrir la billetterie pour qu’on puisse acheter nos billets. Tout ça, sans même mettre le bus en retard !
Ahhhh oui, et pendant qu’on attendait 7h20, on jouait à notre sport préféré : juger le monde. Et malheureusement pour nous, bah… on s’est rendu compte que… disons qu’on n’a pas le même équipement que les autres qui ont : chaussures de randonnée, leggings isothermes, bâtons de marche, etc. Bref, on joue pas dans la même ligue…
Le chauffeur, grâce à son immense volant (haha!), amène l’autobus à une altitude de 2305 mètres au dessus du niveau de la mer. Nous voilà donc arrivés à la station 5 de la ligne Yoshida (car il existe plusieurs chemin pour atteindre le sommet) où déjà plusieurs grimpeurs se préparent tandis que d’autres célèbrent leur décente une bière ou une crème glacée à la main. À notre arrivée, le soleil brille encore dans le ciel et nous donne une vue très nette du sommet désormais dépourvu de neige. On déjeune, s’étire et on se motive en avançant vers le départ. À notre gauche, un dernier bâtiment se dresse : un kiosque d’information. L’homme à l’intérieur nous scrute avec un regard qui veut dire « Ils ne survivront pas ces blancs becs avec juste leurs runnings! » (et avec le recul, je peux affirmer qu’on était loin d’être les moins bien équipés!!) Il nous montre une métro pas très à notre avantage et nous suggère fortement de ne pas dépasser la station d’information à environ 45 minutes du départ. Pfff!
Qu’est-ce qu’un homme dans la soixantaine, qui a fait ça toute sa vie, connait du hiking? Rien du tout, moi j’connais ça la montagne! C’est donc armés de notre courage et de notre souvenir du « Température au sommet : 3°C » qu’on commence notre looooongue marche! Et les nuages ont choisi exactement le même timing pour commencer à gravir la montagne avec nous! Jusqu’au point indiqué par le vieux, tout va bien… c’est après que ça commence à se gâter: on est direct dans les nuages fait qu’on ne voit ni notre progression, ni ce qui nous attend. On arrive à la 6e station, easy! La progression devient de plus en plus ardue au fur et à mesure qu’on approche la 7e station, l’oxygène commence à se rarifier et la météo ne s’améliore guerre. Rendus à 2700 mètres d’altitude, on se demande ce que l’on fait : il reste 5 heures à gravir et 3-4 heures à descendre et la température ne semble pas virer à notre avantage pour avoir une quelconque vue au sommet… C’est donc, un peu à contre cœur, qu’on décide de rebrousser chemin vers notre point de départ. 😟
Près de 2 heures plus tard, on arrive au camp de base pour prendre l’autobus de retour. Surprise! Quelques 250 personnes font déjà la file afin de s’entasser dans l’unique autobus qui retourne en ville et qui passe toutes les 45 minutes. On attend depuis 40min déjà et on commence à recevoir des gouttes d’eau… Pas tout de suite pas tout de suite! On entre dans l’autobus et le déluge commence… non-stop… pendant plus d’une heure et on se console en se disant, qu’on a sûrement pris la bonne décision de rebrousser chemin à la 7e.
On se console avec un p’tit resto, un verre, quelques photos et un souvenir indelible d’avoir gravit le Mont Fuji.

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