Catégorie : 2020 – Anecdotes à Montréal

  • Achat d’une maison : Partie 5 de 5

    Mardi le 7 avril, notre notaire nous appel pour devancer le rendez-vous d’une semaine à cause de Pâques et des délais plus grand causé par le COVID-19. Pas de problème, même que ça nous arrange, ça serait ENFIN une chose de réglée !! Petit bémol dans notre excitation quand il ajoute : « Vous devez apportez l’argent pour le cashdown lors de la signature ».

    Notre argent est disponible dans notre compte donc, naïvement on pense que sur ce coup-là, ça va être facile. Mais là où ça coince, c’est qu’il demande qu’on lui apporte une traite bancaire (un chèque de notre banque) et non pas un sac remplit de billets comme dans les p’tits bonhommes (pfff). Or, pour obtenir la traite, on doit soit se présenter en personne à notre banque (chose impossible vu qu’elles sont fermées) ou qu’ils nous soient envoyées par courrier recommandés à notre domicile dans un délai de 2 à 3 jours. Sachant que l’on passe chez le notaire dans moins de 36 heures, ça regarde mal… On pourrait reporter la signature chez le notaire mais ça reporterait aussi la prise de possession, ce que l’on cherche à éviter le plus possible. Alors on se met chacun sur le téléphone, à harceler nos banques respectives pour trouver une solution rapide et efficace.

    Tic tac tic tac…

    En parallèle, notre agent nous dit que les vendeurs, vu la situation actuelle de quarantaine, ne pourront pas descendre à Montréal et vider la maison de leurs dernières affaires. Ils nous demandent si on accepte de vider la maison nous même et de se débarrasser de leurs cochonneries. Pour ne pas retarder plus le processus et parce qu’on se dit qu’il y a peut-être des choses utiles pour la maison (on a spotté du materiel de jardinage et une souffleuse à neige), on accepte. On a maintenant 7 matelas à la maison! Criss…

    Après beaucoup d’argumentation, de patience et un soupçon de magie (désolé, les magiciens ne dévoilent jamais leurs trucs), notre argent est viré à temps sur le compte du notaire. On se rend donc en toute confiance à son bureau.

    En passant à côté de la Maserati du notaire, je me rappelle que les prochaines 20 minutes vont me coûter l’équivalent d’une paie et je sais maintenant où mon argent va aller… Pour ceux qui sont déjà passés par là, la signature de l’acte d’achat est un moment symbolique et protocolaire. Mais quand on est dans le contexte d’une pandemie mondiale, l’expérience est tout simplement déstabilisante : avec ses gants de chirurgien, il nous invite à prendre place dans le corridor, à 2m d’une petite table qu’il a placé dans l’embrasure de sa porte d’entrée qui sert de barrière psychologique, tandis que lui, s’installera 2m plus loin dans ce qui est habituellement sa salle d’attente. Je n’aurais même pas été surpris de le voir sortir un porte voix. Ahhhh et j’oubliais un petit détail très important : on devait apporter notre propre stylo pour signer!

    Avant de quitter, il nous dit qu’une procuration sera faite pour la vendeuse et que l’acte sera officialisé en début de semaine prochaine. Soulagement… Pour fêter ça, direction Home-Dépôt pour faire 30 minutes de queue pour acheter des boites! Allons emballer tout ça…. Partyyyyyyyyyyy !!!

    Alors voilà, on termine notre 5e semaine de confinement à l’appartement et c’est aujourd’hui qu’on récupère nos clés pour commencer notre nouvelle vie en tant que propriétaire! Ne reste plus que le déménagement… Je vous demanderais bien un peu d’aide, mais à 1000$ le ticket si tu te fais pogner avec du monde ne vivant pas à la même adresse, on va trouver une autre solution.

    Souhaitez-nous bonne chance 🙂

  • Achat d’une maison : Partie 4 de 5

    Maintenant que l’état d’urgence sanitaire est officiellement declaré, que le gouvernement demande aux personnes agées de ne plus sortir de chez eux et que les déplacements entre provinces sont « interdits », on a clairement un problème pour faire signer la vendeuse… C’était trop simple l’acquisition de cette maison!

    Les nouvelles au sujet de notre maison sont comme des journées de sobriété dans ce confinement : elles se font rares ! Il est temps que ça s’arrête si on ne veut pas sombrer dans la folie ou l’alcoolisme! Pour nous rassurer, notre agent nous dit que notre notaire est super occupé avec toutes les nouvelles mesures gouvernementales mais qu’il « s’occupe de nous » mais dans ma tête, ce que j’entends c’est : « Votre appel est important pour nous, veuillez garder la ligne… »

    Comme les journées se suivent et se ressemblent, pour briser la monotonie, au lieu de ne stresser que pour le notaire, on se met aussi à penser à nos planchers, au cuisiniste, à l’ingénieur et à l’entrepreneur car tout ce beau monde là ne travaillent plus et nos idées de travaux dans notre maison sont désormais sur pause jusqu’à nouvel ordre. Nous, on sait comment se changer les idées!! Alors en attendant, on refait encore et encore nos plans d’aménagement pour notre rez-de-chaussée histoire de maximiser l’espace et de créer une aire ouverte (on est rendu au 19e plan et ce n’est pas une joke). En parralèle, Orélie passe ses soirées sur un site de pornographie féminine, aussi appelé, Pinterest! Donc, chaque 10 minutes, je reçois sur Messenger une nouvelle photo avec un « Ça serait magnifique comme (insérez un nom de meuble ici) dans (insérez une pièce ici) !! ». Ça va me coûter cher ce Coronavirus!

    Enfin une bonne nouvelle ! Une semaine avant la date fatidique : un décret autorise les notaires à faire signer électroniquement des documents! La vendeuse n’aurait donc pas à descendre à Montréal et on va avoir notre maison à temps! On est surexcités !!

    Ma chance légendaire nous voit aller et se dit : « Haha! Il pense s’en sortir aussi facilement? Check ben ça! »

    La signature électronique est à la discrétion du notaire. Et le notre ne le permet pas.

    Comme dirait Orélie : P***** de c****** de m**** !
    Comme dirait Yann : TA-BAR-NAKKKKKKKKK!!!!

    Qu’est-ce qu’on fait maintenant ???

    (La suite demain…)

  • Achat d’une maison : Partie 3 de 5

    Notre contre-offre est envoyée au vendeur et on est surpris qu’il accepte une baisse de prix SANS RIEN DIRE. Génial, c’est une super journée! On va pouvoir commencer le magasinage de notre future cuisine, rien ne pourrait gâcher notre bonne humeur !

    Le lendemain, jeudi 19 mars, la terre s’arrête de tourner.

    Le gouvernement du Québec déclare l’état d’urgence sanitaire afin de conscientiser le peuple à la gravité de la situation et, afin de se protéger et se préparer au pire, tout le monde se lance au Costco pour acheter du papier d’toilette! De notre côté, on se dirige à la SAQ! On voit les priorités 

    Plus sérieusement, de notre côté, on enclanche le processus pour le financement de la maison et notre agente hypothécaire essaie de contacter les banques, mais comme tout le monde est en télé-travail, rien n’avance et encore pire, son système informatique lâche! Rien à faire avant lundi! Ça va être serré car le deadline est mercredi pour donner la lettre d’approbation de la banque. Le stress monte en flèche…

    Lundi matin, elle finit par réussir à soumettre le tout, MAIS pour avoir l’approbation finale, en plus de tous les papiers déjà fournis, ça prend une confirmation vocale qu’on est à l’emploi de nos 2 compagnies respectives. Le problème: ils n’acceptent pas les numéros de cellulaires. Donc, humm, comme tout le monde travaille de la maison, c’est dur d’appeler au bureau d’Ubisoft ou du Musée pour parler à nos boss ou aux RH car les bureaux sont fermés ! On obtient finalement une dérogation, ils appelent le cellulaire de nos boss et Yeah ! C’est officiel ! On est maintenant pauvre !!!

    Cool les choses avancent!!

    Haha, ça serait trop facile.

    25 mars 11h30 AM, le premier ministre Legault annonce la fermeture de tous les services non essentiels dans la province. En quoi ça nous affecte ? Il faut encore passer devant le notaire, et selon la liste officielle, les notaires n’en font pas partis !

    Fuck fuck fuck !!!!!

    On appelle notre agent qui a l’oreille rouge à force de parler au téléphone avec les différents ordres professionnels. On n’a aucune idée quoi faire.

    Elle nous dit d’attendre… Je dois avouer que je ronge le coin de la table… Calvaire!

    14h52, elle nous rappelle pour nous annoncer que les notaires sont maintenant des services essentiels alors on va pouvoir continuer à avancer! Yeah !

    Mais là, la vendeuse est une vieille dame qui reste à Toronto… Et on doit signer à Montréal… Est-ce qu’elle va pouvoir descendre? Ben oui voyons!

    Qu’est-ce qui pourrait bien arriver pour l’empêcher de descendre?

    (La suite demain…)

  • Achat d’une maison : Partie 2 de 5

    Notre offre est envoyée au vendeur et légalement, ils ont 24 heures pour accepter/refuser ou faire une contre offre. La vendeuse, une vieille madame veuve vivant maintenant à Toronto, nous demande 24 heures supplémentaires afin d’en parler à sa famille. On apprend donc au bout de 48h, qu’elle a finalement décidé de remettre la gestion de la vente entre les mains de son garçon, que l’on peut maintenant avec le recul, décrire comme un p’tit tabarnak de fils de riche prétencieux. Et c’est là que la guerre des nerfs à commencé… Chaque jour, nous attendons désespérément de ses nouvelles. Peu importe lesquelles, on veut juste un signe de vie, mais rien… Il parait qu’il dit à son agent qu’il va faire une contre offre mais jamais rien ne se passe. Et pire : il finit par dire à son agent qu’il est outré de l’offre qu’on a fait, qu’il connait le marché (de Toronto!!) et que si on continue à lui demander des nouvelles, il va même monter le prix! Dans le fond, lui il s’en criss puisque c’est sa mère qui paie les taxes et les factures pendant ce temps là…

    En 10 et 15 ans de métier respectif, ni notre agent ni celui du vendeur, n’ont eu affaire à un client aussi irrespectueux et peu coopératif. Au point où, si on se retire, les agents vendeurs retirent la maison du marché. Est-ce qu’on est prêt à jouer la game? T’sé, faire un bluff de se retirer pour qu’il revienne nous chercher… On regarde en parallèle les autres maisons à vendre et tout est soit trop cher pour ce que c’est, soit vraiment moins bien situé. Donc on attend 24 heures … 48 heures … 72 heures … toujours rien ! C’est enfin au bout de 10 jours qu’il nous envoie une contre-offre, et toute qu’une contre-offre… Il nous a fait une offre de… roulement de tambour… le prix affiché de la maison! Toi tu connais ça la négociation!

    On a l’impression de se faire fourrer un peu, mais on est en amour avec la maison (on a déjà fait des plans avec nos affaires dans toutes les pièces et comment on va installer notre futur patio!) donc go, il a gagné, on y va plein prix. Dans le fond, au vue du marché actuel, on aurait probablement du mettre plus sur une autre maison à cause de la surenchère. Donc oui, on a un peu l’impression d’avoir perdu, mais pour une maison dans laquelle on se projette pour les 87 prochaines années au moins, c’est pas la fin du monde.

    Mais (parce qu’il y a un mais), l’achat est conditionnel à l’inspection, t’sé d’un coup qu’il y ait un problème majeur ! Criss… Et pour en rajouter encore un peu aux délais anormalement longs de cette histoire, l’inspecteur qui nous a été référé par 2 personnes, n’est pas disponible avant 7 jours… Tsé, comment nous apprendre à nous projeter sans nous projeter…

    Oh et à ce moment là… la COVID-19 chamboule la vie de tout le Québec, rendant incertain toutes les étapes de cet achat…

    Mais le mercredi 18 mars, jour de l’inspection, finit par arriver. J’dois dire que c’est quand même un peu étrange ce concept d’inspection : tu paies un gars pour qu’il te dise que la maison que tu veux acheter est de la marde! Ok, j’exagère, mais le gars fait une super job et nous dit ce qui doit être remplacé rapidement ou dans quelques années. Et comme il est consciencieux, sa liste de choses à faire s’allonge… Et même si pour la plupart, ce n’est pas grand chose de grave (je sais que auriez aimé de quoi de plus croustillant, mais c’est ma future maison, je ne veux pas une cochonnerie non plus!), j’dois avouer que je passe un bon 8 heures par la suite à un peu déprimer en pensant aux $$ que tout ça représente…

    Le lendemain, on reçoit le rapport d’inspection et après analyse, on décide de faire une contre-offre à la contre-offre de notre cher trou d’cul de vendeur…

    (La suite demain…)

  • Achat d’une maison : Partie 1 de 5

    L’achat d’une première maison doit être quelque chose d’excitant, un évènement marquant dans une vie… Mais quand on a ma chance légendaire, ça donne quelque chose de vraiment plus chaotique !

    Le marché est vraiment fou en ce moment; à Montréal, les maisons sont vendues en 4 jours avec une surenchère moyenne de 30 000 à 50 000$ sur le prix affiché. C’est donc avec cette mentalité qu’on commence les visites de maisons où l’on doit, dans les 4 heures suivant la visite, faire une offre ou non. Pas le temps pour une 2e visite. Vite vite vite sinon elle te file sous le nez ! Quand même assez stressant !

    Le 27 février 2020, on se fait appeler par notre agent pour visiter 2 maisons, mais avec un préavis de 30 minutes. Étant en train de prendre un verre avec des amis, je laisse ma bière là pour me rentre au métro tandis qu’Orélie, qui travaillait ce soir-là, s’arrange pour se libérer. À notre arrivée à la première maison, ce n’est pas notre agent qui nous attend, mais son père?! À sa défence, il est aussi agent immobilier… mais quand même ! La première maison étant inintéressante, on file à la 2e qui est un jumelé à palier avec une grande cour et à distance de marche du métro. Ça semble parfait!

    Avec un seul propriétaire en 35 ans qui n’a jamais fait aucun changement, vous imaginez que la maison est figée dans le temps : de la peinture jaunie, de la parqueterie à grandeur de la maison et la cuisine avec son plancher en prelard jaune nous donne un peu envie de vomir… Mais à part ça, les volumes sont grands, belle fenestration et on est à 5 min à pied du métro. Mais alors pourquoi, dans un marché de vendeur où les maisons disparaissent rapidement, cette maison est sur le marché depuis maintenant 4 mois? L’agent vendeur nous dit que… attendez… l’agent, oh l’agent! Le gars est d’une arrogance et d’une non chalence incroyable. Quand on pose des questions, tout ce qu’il sait dire c’est  » bah ça a été fait dans les années 80 « , ce qui, vous serez d’accord avec moi, ne veut absolument rien dire… En plus, il ressemble au méchant dans Happy Guilmore (Christopher McDonald) ! Tout ça pour dire : on l’aime vraiment pas! Mais pour revenir à la question initiale, la maison est encore sur le marché parce que son prix affiché est trop haut pour son prix marchand : elle est directement sur la rue Sherbrooke, rue quand même assez passante.

    On sort de cette visite TRÈS enthousiastes. La maison nous intéresse beaucoup mais comme elle est sur le marché depuis dejà quelques temps, on se risque à demander une 2e visite mais cette fois, de jour. Cela va nous permettre, cette fois avec notre agent Marie-Michel, de voir la luminosité et le bruit de la rue tout ayant un 2e avis. La visite se fait, on aime de plus en plus la maison alors go, on fonce et dès le lendemain, le 1er mars, on fait une offre.

    Suivant les conseils de notre agent, on offre 36 000$ de moins que le prix affiché afin d’avoir une contre offre et se rapprocher du prix auquel notre agent évalue la maison. Bon plan! Ouin peut-être pas…

    (La suite demain…)